Qui a peur de la garde vaticane ?

« Rendez â César ce qui est à César et à Dieu ce qui est à Dieu. »

Cette maxime posa un principe révolutionnaire pour le monde antique, mais actuellement elle est largement admise. Ce respect des droits est nettement prouvé par la déclaration de Vatican II sur la liberté religieuse, ou le large consensus recueilli par la loi de 1905 sur la séparation de l'Église et de l'État.

Pourquoi alors certaines déclarations émanant du pape, des évêques ou des mouvements religieux soulèvent-elles des protestations aussi véhémentes ? Songeons aux réactions outrancières suscitées par l'encyclique de Jean-Paul II, l'Evangile de la Vie, ou bien celles provoquées par les positions épiscopales relatives au PACS. On a parlé de renaissance de l'intégrisme, d'intolérance, d'atteinte à la liberté. Et cela va plus loin encore. On ne les accuse pas seulement comme autrefois, de vouloir imposer leur morale aux autres, mais bien plus on leur refuse d'émettre urne opinion contraire à celle du plus grand nombre. Car enfin, de quels moyens disposent le pape et les évêques, si ce n'est la parole ? Ils n'imposent aucune loi, ils ne dressent plus de tribunal et la garde vaticane n'est là que pour la parade.

La liberté est bien menacée en effet, mais par qui ? Ceux qui veulent imposer une pensée unique, « politiquement correcte », pervertissent l’idéal démocratique. Quand César assimile toute contestation à une attaque contre la liberté, n'est-ce pas lui l'intégriste ?

Si on affirme que la politique appuyée sur le principe majoritaire peut déterminer ce qui est légitime, on risque non seulement de détruire la liberté religieuse, mais aussi de réduire la déclaration des Droits de l'homme à une image d’Epinal bonne pour le musée.

C'est en se ralliant à la majorité que Pilate permet la mort du Christ.

Monique BAUD, Pierre FOULOUNOUX. Gonzague HERIARD-DUBREUIL.