Les idées chrétiennes sont elles présentes dans la société ?

Nombreux étaient ceux qui voyaient le christianisme disparaître peu à peu en Europe, du fait d’un petit nombre de chrétiens pratiquants et de la diminution de nos prêtres voire de l’apparent divorce entre science, raison, progrès et foi. C’est pourtant l’inverse qui semble apparaître si l’on en croit les nombreux intellectuels qui sont tentés par la foi et ont le courage de l’affirmer malgré les railleries, les haussements d’épaules qu’ils pourraient rencontrer.

Ce renouveau n’est pas nouveau. Il a existé au début du 20ième siècle après la période de séparation des Eglises et de l’Etat, quand se sont multipliées les conversions de personnages aussi considérables que PEGUY, CLAUDEL, COCTEAU, Julien GREEN, MARITAIN, et bien d’autres…

Actuellement, les intellectuels sont nombreux, mais à des degrés divers, à se réapproprier la Foi Catholique ou du moins à mettre en avant son importance comme fondement de notre civilisation. Régis DEBRAY, sans sauter le pas, consacrait parmi les premiers, plusieurs ouvrages à réhabiliter « le fait religieux ». René GIRARD, revenu à la foi de ses ancêtres il y a déjà quelques décennies, était élu à l’Académie Française au moment où son œuvre assumait plus clairement que jamais sa dimension religieuse. Il écrit notamment que : « c’est ce qui reste du chrétien dans les sociétés modernes qui les empêche d’exploser. » Max GALLO, de son côté, estime que : « les questions religieuses, qui étaient comme assoupies sont redevenues des questions d’actualité ».

Cette volonté de retrouver les racines chrétiennes de l’Europe et de réaffirmer une identité de plus en plus niée par l’idéologie dominante est aussi à l’origine du souci de Denis TILLINAC, écrivain bien connu pour son amour du rugby. Dans un livre intitulé « Dieu de nos pères » et sous-titré : « défense du Catholicisme », il témoigne de sa fidélité et de sa gratitude à une Eglise avec laquelle NOTRE CIVILISATION DOIT « PRESQUE TOUT ».

On peut noter aussi que Ferdinendo ADORNATA, ex-dirigeant des jeunesse communiste, ex-parlementaire de gauche, aujourd’hui sénateur de FORZIA ITALIA, soutient que le laïcisme risque de devenir « le nouvel autoritarisme de notre époque » car « l’anesthésie des valeurs nous fait oublier que c’est « Jésus qui a fondé la laïcité de l’Etat en disant : Rendez à César ce qui est à César ».

Jean-Claude GUILLEBAUD, dans son livre « Comment je suis redevenu chrétien », estime que c’est son parcours intellectuel qui l’a conduis à la FOI : « Je ne suis pas très sûr d’avoir intimement la foi, mais je crois profondément que le message évangélique garde UNE VALEUR FONDATRICE POUR LES HOMMES DE CE TEMPS, Y COMPRIS POUR CEUX QUI NE CROIENT PAS EN DIEU. Ce qui m’attire vers lui, ce n’est pas une émotivité vague, c’est la conscience d’une fondamentale pertinence ». Il découvre que notre société doit tout au christianisme : l’autonomie, voire la sacralisation de la personne, l’égalité de nature entre tous les hommes, le concept d’universalité, la possibilité même d’agir sur un monde, ou encore le souci des victimes.

Ne soyons donc pas pessimiste. Le MESSAGE du Christ, transmis par l’Eglise, avec des hauts et des bas, revient à l’ordre du jour pour améliorer notre société vacillante. Mais le Christ ne s’est pas contenter de proposer un programme de société: il annonce le Royaume de Dieu et pour y aller propose un chemin d’AMOUR.

J.P. Foulounoux
Monique Bellaud
Gonzague Hériard

P.S. : Source principale : dossier intitulé : « les intellos tentés par la foi » dans « Valeurs Actuelles du 20/07/07