Nos morts prient-ils pour nous ?

II existe une longue tradition dans l'Eglise qui préconise d'avoir recours aux anges et notamment à nos « anges gardiens ». On les avait quelque peu oubliés, mais plusieurs livres récents y font référence, peut-être sous l'impulsion des nouveaux groupes de prière dite « charismatique ». L'ange gardien veille sur nous si nous le prions. Faisons donc appel aux anges, créatures du Seigneur. On les retrouve souvent dans la Bible comme intermédiaires.

« Demandez et vous recevrez », dit le Christ.

Nos morts ne sont pas des anges - être spirituels envoyés de Dieu - mais ils sont auprès du Seigneur qu'ils ont rejoint, des intercesseurs privilégiés qui interviennent si nous le leur demandons. Nos morts nous soutiennent de leur amour et nous aident à vivre en chrétiens.

Un lien subsiste malgré la séparation des corps. Les visites aux tombes, les fleurs dont on les orne, témoignent des sentiments qui unissent encore les morts et les vivants. Elles aident à entretenir le souvenir des défunts. Nous avons l'impression qu'ils sont là présents. Victor Hugo dans son pathétique poème « Demain, dès l'aube », traduit cet amour qui survit à la mort de sa fille Léopoldine. «Vois-tu je sais que tu m'attends, Je ne puis demeurer loin de toi plus longtemps... »

Au plus profond de lui, il ressent cet accord, cette tendresse inaltérable. Près des tombes, nous continuons la conversation interrompue. Nous parlons à nos morts, nous les prions, nous demandons leur secours. Au cimetière, leur présence est comme tranquille. C'est pourquoi nous estimons personnellement préférer la sépulture comme le Christ, plutôt que l'incinération, sans pour autant critiquer ceux qui la pratiquent.

Le culte des morts est le témoignage d'un respect pour les défunts que seuls les hommes manifestent dans la création. II est le signe d'une spiritualité, d'une Foi en la survie de l'âme, il est le dernier hommage à ceux qui ont disparu. Les rites funéraires, les messes dites pour l'âme des défunts, montrent la permanence du dialogue entre nous et ceux qui sont « de l'autre côté du chemin ».