A-t-on besoin d'une formation chrétienne ?

Certaines personnes, chrétiennes ou non, pensent qu'il n'y a pas lieu de faire baptiser leurs enfants dès la naissance et préfèrent qu'ils fassent, à l'adolescence ou à l'âge adulte, le choix de se faire baptiser et devenir ainsi volontairement « enfants de Dieu ». Cette attitude peut être compréhensible puisque le tout jeune enfant ne peut pas décider de son engagement de chrétien; mais pourquoi alors les parents décident-ils automatiquement d'envoyer leurs enfants à la maternelle et à l'école, alors que ceux-ci ne sont pas en mesure d'en comprendre l'utilité par eux-mêmes ?

Ceux des chrétiens qui se sont mariés à l'église ont pris l'engagement par écrit de former chrétiennement leurs enfants en les envoyant au catéchisme. C'est un engagement des plus importants, car sans catéchisme, ils ne peuvent pas connaître et donc choisir leur religion, de même que sans école, ils ne peuvent pas lire, écrire, et compter.

Décréter que l'enfant doit recréer lui-même le savoir, c'est l'abandonner à lui-même. La pensée, la Foi s'édifient en prenant appui sur une culture, sur des choses que l'on n'a pas inventées. Ce n'est qu'à travers les influences culturelles que chacun trouve son originalité. Influencer n'est pas conditionner, c'est connaître un point de vue, réfléchir à ce qui est proposé, et dès lors se « forger » par cet apport qui ne s'impose pas, mais enrichit.

Rejeter la culture religieuse pour l'enfant au nom de la liberté, c'est supprimer l'humus qui fera naître et croître la graine ; c'est privilégier les préoccupations immédiates au détriment de l'éclosion de la personnalité. Ces savoirs culturels, il faut les ruminer, les assimiler, les intégrer à son esprit, pour en faire sa propre culture.

Pour l'enfant, le corps fait sa chair et son sang des aliments dont il se nourrit. De même, l'esprit fait sa pensée à partir de ce que lui propose l'éducateur. La culture religieuse assimilée nourrit son âme. L'enfant a besoin de cet apport pour grandir et devenir homme.

Pour nous adulte, il en est de même car nous savons bien que la société évolue et change, et qu'il est donc de plus en plus question d'une formation continue pour évoluer avec nos métiers. Le message de l'Evangile est la base de la pensée chrétienne. II reste immuable. Par contre, son application évolue et se découvre peu à peu depuis deux mille ans avec l'évolution de la société, de nos savoirs, et de nos cultures. Malgré certains médias qui déforment souvent la pensée judéo-chrétienne de notre société, nous ne pouvons que constater l'évolution du christianisme dans la compréhension du message du Christ.

Comme exemple, nous voyons la transformation de la pensée sociale de l'Église depuis l'encyclique Rerum Novarum en 1896, à Centisimus Annus en 1996. La pensée de l'Eglise ne peut pas rester figée dans un monde qui évolue, bien que le témoignage de l'Evangile reste immuable.

Puisque Dieu a laissé à l'homme l'entière liberté de choisir entre faire le bien ou le mal, chaque chrétien doit se former pendant toute sa vie pour mieux agir pour lui dans le souci des autres hommes selon son tempérament, ses charismes, et la situation dans laquelle il se trouve. N'est-ce pas le principal devoir de tout chrétien ? La prise au sérieux par certains du roman de fiction « Da Vinci Code » ne peut s'expliquer que par une ignorance due à un manque de culture religieuse. Darrach, de son côté, affirme que « l'ignorance est la plus grande ennemie de Dieu ».