La Communion. Pourquoi et comment ?

Certains chrétiens viennent communier à la messe du dimanche. La messe n'est qu'une partie de la vie du chrétien pratiquant, mais celui-ci vient y puiser la force pour essayer de vivre en chrétien tous les jours de la semaine.

L'évangéliste saint Jean nous raconte que Jésus parlant à la foule réunie à côté de lui, s'exprime ainsi : « Le pain que je donnerai, c'est ma chair. Celui qui mange de ce pain vivra éternellement et je le ressusciterai au dernier jour. En effet, ma chair est la vraie nourriture, et mon sang la vraie boisson. Celui qui en prend demeure en moi et moi en lui. » (Jn 6, 51-53). Les juifs présents se mirent évidemment à discuter entre eux ne pouvant pas comprendre comment un homme pouvait ainsi donner sa chair à manger ! Nous aurions vraisemblablement réagi pareillement...

Lors du dernier repas pris avec ses apôtres, le Christ en prenant du vin leur dit également : « Ceci est mon sang, le sang de l'alliance nouvelle. Chaque fois que vous en boirez, faites ceci en mémoire de moi. »

Deux mille ans ont passé et les chrétiens y croient encore. Le tableau de la Cène peint par Léonard de Vinci est dans l'esprit de tous.

De nombreux chrétiens ont à coeur de recevoir du prêtre l'Eucharistie dans la bouche. II y a dans ce geste un grand respect du Sacré. Une humilité profonde à l'égard du Créateur et peut-être une fidélité compréhensible à ce qui a été préconisé pendant des générations.

Cette attitude est profondément respectable, mais de plus en plus de chrétiens reçoivent l'hostie dans leurs mains alors que l'Eglise a toujours honoré l'hostie en la mettant dans des calices et des patènes en or, ou en décorant les ostensoirs de pierres précieuses. Juste reconnaissance de l'homme pour son Dieu ! N'a-t-on pas dit : L'homme vaut plus que tout l'or du monde. La main est donc au moins aussi précieuse qu'un calice d'or. Quelle audace cependant de toucher son Dieu avec sa propre main. La voilà en quelque sorte glorifiée, devenue une partie du corps à respecter.

Cet acte est aussi l'animation du choix délibéré du chrétien de participer à cet instant de fête, de s'offrir paumes ouvertes, témoignage de Foi et d'abandon, tout entier à son Dieu. Les mains deviennent calice pour recevoir le don précieux.

Cette attitude est donc un acte de liberté et d'amour, deux fois assumée, aussi belle que l'antique rituel d'ouvrir la bouche comme un enfant nourri par sa mère. Elle glorifie l'alliance de Dieu et de son peuple.

Cette attitude face à l'hostie, bien qu'importante, ne doit pas faire oublier l'essentiel du geste que font les chrétiens en allant communier. Ils savent que ce geste de communion (union avec le Christ) peut imbiber leur vie s'ils prennent conscience de l'importance de cet acte. Ce pain- tout en étant matériellement du pain est spirituellement le corps du Christ. Ne peut-on pas imaginer que ce minuscule morceau de pain matériel entre dans notre corps comme tout aliment, et diffuse ainsi spirituellement dans toutes nos cellules la présence de ce Christ qui lors de son dernier repas, la Cène, a institué ce moyen mystérieux de rester en union avec nous ?

Prenons-nous le temps d'y réfléchir et d'en méditer ? La communion reçue le dimanche peut et doit imprégner toute notre vie de la semaine. Le concile Vatican II dit que l'Eucharistie est «Source et sommet de la vie de l'Eglise ». Chacun puise dans la présence du Christ, dans cette vie intimement mêlée à la sienne, une force nouvelle pour agir en chrétien dans sa vie professionnelle, sa famille, et dans la société.