Dieu veut-il notre bonheur ?

L'Eglise a peut-être donné l'impression, il y a quelques décennies, d'insister trop sur la notion du devoir et de l'ascèse. Cela occultait la recherche du bonheur terrestre, l'épanouissement de l'homme, chantés dans les Evangiles. Le triomphe de la joie sur la souffrance est une vérité fondamentale de notre Foi. Songeons au Cantique des Cantiques, cet hymne à l'amour. Pensons à la joie du Magnificat de Marie et plus récemment à la joie de Mère Teresa dans les bidonvilles de l'Inde. N'oublions pas aussi cet érotisme chrétien analysé dans la récente encyclique de notre Pape. Il glorifie l'exaltation du corps, source de création et antithèse de l'érotisme destructeur de la dignité humaine trop étalé de nos jours (cf. article de septembre).

Les saints aiment la vie. Marthe Robin aimait beaucoup rire. Elle a dit un jour à un prêtre qui la visitait: « Mon père, racontez-moi des blagues, j'aime tellement rire. » Sainte Thérèse d'Avila demandait à ses soeurs du carmel de danser dans les couloirs; elle était pétrie d'humour. Aspirer à la vie éternelle ne signifie pas mépriser cette vie terrestre et ses joies, aussi petites soient-elles.

Lorsque le Christ était sur terre, il a voulu que l'homme soit heureux. Dans son discours sur les Béatitudes, il dit : « Heureux vous qui... » (Matthieu 5, 3-I3 et Luc 6, 20 ss.) Il a guéri les malades, pleuré avec ceux qui souffraient. Aux noces de Cana, il a changé l'eau en vin pour le plaisir des convives et pour révéler la puissance de l'Amour.

La recherche du bonheur pour soi et les autres est un idéal chrétien. Le bonheur du chrétien est de trouver du plaisir en rendant heureux quelqu'un d'autre. Cette satisfaction ne doit pas être égoïste ou égocentrique, elle est une voie vers le bonheur éternel. Un monde sans plaisir serait inhumain, et Dieu a voulu notre bonheur.

Saint Thomas nous dit que le bonheur n'est pas une émotion stérile mais une activité qui nous réalise dans la plénitude de notre être. C'est alors que nous sommes totalement nous-mêmes. Ce bonheur ne se trouve pas en restant en nous-mêmes mais en étant tournés vers les autres. Rechercher le bonheur n'est pas de l'égoïsme mais cela nous transforme car « le règne de Dieu est celui de l'amour et de la douceur ». (Dominique Fontaine.)

Jésus incarnait ce règne de Dieu en instaurant l'harmonie entre les hommes, par l'amour et le pardon.

Pour plus amples informations

La revue « II est vivant » de mai 2006, page 15.

Théo : Bonheur, plaisir.

Th Radcliffe : Pourquoi être chrétien ? pages 75 à 80.

François Varillon : Joie de croire, joie de vivre.

Dominique Fontaine. La foi des chrétiens racontée à mes amis athées.