Les chrétiens et l'euthanasie

Étudier le problème de l'euthanasie - celui de « la mort douce » - n'est pas une préoccupation morbide, bien au contraire; elle est liée à la vie, à la philosophie, au message chrétien.
La certitude d'avoir la possibilité d'abréger des souffrances intolérables ou une vie qui n'est plus une vie, peut vous libérer de l'angoisse de la mort; car ce n'est pas tant la mort qui effraie chaque homme, chrétien ou non, mais la douleur.
Déjà en 1976 dans une « une note sur l’euthanasie », le conseil permanent de l'épiscopat français affirmait : « Il n'est jamais défendu d'utiliser les analgésiques pour soulager la souffrance même si indirectement l'échéance de la mort devait en être avancée. »
La loi sur la fin de vie promulguée, le 22 avril 2005 reconnaît au médecin le droit d'appliquer un traitement sédatif dont l'effet secondaire peut-être d'anticiper la fin.
Elle offre aussi la possibilité de dire non aux traitements déraisonnables, non à la réanimation, non à l'acharnement thérapeutique.
Désormais c'est la volonté du malade qui prime. Mais la loi trace aussi le cadre d'un véritable échange entre le patient, sa famille et le médecin Tout en offrant au médecin une protection judiciaire, elle lui impose un rôle d'information complète.
Elle légalise le « Living Will » c'est-à-dire la possibilité à toute personne majeure, de rédiger des directives anticipées afin que la vie ne soit pas prolongée par des moyens artificiels, en cas de dégradations intermédiables des facultés physiques ou neuropsychiques.
Mais si la loi offre le droit de laisser mourir, en aucun cas elle ne permet de fournir une aide active à mourir. On laisse venir la mort en arrêtant ou en prolongeant un traitement, mais il ne saurait être question de mettre fin à la vie.
Donc, l'euthanasie active - le fait de donner la mort - n'est pas reconnue, si l'euthanasie passive - le fait de laisser mourir - n'est plus considérée comme un meurtre.
Une porte est ouverte, nous sommes libres de le emprunter ou non, selon notre force personnelle, nos convictions et pas seulement sous la pression de la douleur.
La lutte contre la souffrance et la mort, l'accueil de la mort, sont deux faces inséparables d'un même questionnement auquel le message chrétien de la Résurrection donne un sens au-delà de toute espérance humaine.