Saint Paul et les femmes

« Femmes, soyez soumises à vos maris, comme il se doit dans le Seigneur. » (Col. 3, 18.)
Cette phrase (comme quelques autres des Epîtres de saint Paul écrite au temps du Christ) heurte et même scandalise le lecteur moderne. Et à travers les siècles, bien des chrétiens ont nourri leur antiféminisme de citations pauliniennes. Une telle référence leur fournissait des justifications de choix. Mais doit-on cataloguer saint Paul sous cette étiquette de misogyne endurci ? La réponse est loin d'être simple.
Comme nous tous, saint Paul appartient à son époque et sa pensée ne peut échapper complètement aux racines de sa formation. La tradition rare comme la civilisation gréco-romaine n’offre rien qui puisse ressembler à la conception de l'égalité des sexes exprimée depuis peu de temps dans nos sociétés occidentales.
Comme nous tous, il ne peut se libérer de la pression des événements, Certains de propos s'expliquent sans doute par la nécessité de réagir aux difficulté vues par les premières communautés chrétiennes.
Mais ce Paul, apparemment si intolérant a écrit en accord avec la pensée du Christ. « Il n'y a ni juif ni grec, il n'y a ni esclave ni homme libre, il n'y a ni home ni femme; car vous tous ne faites qu'un dans le Christ Jésus. » (Ga. 3, 28.) Cette phrase condamne avec éloquence tous les maux en « isme » (nationalisme, antiféminisme, racisme, antisémitisme...) qui, depuis l’origine des temps, tentent de masquer la violence humaine, voire de la justifier.
Paul accorde, â chacun, et aux femmes en particulier la même place, celle d’êtres libres, en union avec le Christ. N‘efface-t il pas l'image caricaturale que l'on fait de lui trop souvent ? Et ne nous montre-t-il pas la voie vers une tolérance véritablement chrétienne ?